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13/07/2017

Pascal Audebert, vu du ciel

Pour comprendre APYSA et le projet qui l'entoure, il faut faire marche arrière. Se plonger dans le passé d'un homme et chercher le commencement. Un point de départ : 1985. Militaire dans une unité d'élites des forces spéciales françaises, Pascal Audebert a vu ses compagnons d'arme « valides » devenir en situation de handicap après des missions. Il prend connaissances de leurs difficultés et du regard méprisant qui est porté sur eux. Déjà très attaché à cette cause, il quitte l'uniforme et s'oriente vers le social. « Je suis devenu éducateur Technique spécialisé dans un établissement pour personnes en situation de handicap », explique-t-il. Mais en octobre 1998, l'homme est victime d'un grave accident de voiture « Polytraumatisme sévère ». « J'ai failli y passer », souffle-t-il, avec le recul. Il est hospitalisé pendant plus de 6 mois. 5 ans après, on lui annonce qu'il n'est plus en capacité de travailler. Autrement dit, Pascal Audebert est licencié pour inaptitude liée à son handicap. Cette épreuve le consolidera et le rendra plus fort. Plus déterminé à réussir et à contrecarrer ces injustices. « Il était hors de question de rester à ne rien faire », certifie l'intéressé. Il fallait rebondir, rapidement. C'est ce qu'il fera en créant, au cours de l'année 2008, APYSA. Une entreprise qui « conçoit et fabrique des solutions d'emballage industriel et de conditionnement de produits ». Une entreprise adaptée qui emploie, surtout, 99% de travailleurs handicapés.

« C'est un projet économique pour un projet social », résume-t-il. Et d'ajouter : « Je crée des emplois pour des personnes qui en sont aujourd'hui éloignées à cause de leur handicap ». Offrir une chance et leur permettre de mener une vie « normale » en retrouvant leur dignité, c'est son objectif au quotidien. Le sens de sa vie. Ce qui l'anime et le fait se lever chaque matin. Oui, Pascal Audebert aime l'humain et le respect des personnes sans les juger. Plus que tout. « Il faut être à leur écoute », répond-il. L'écoute et l'attention, c'est aussi ce qu'il affectionne tant à Réseau Entreprendre Vendée. Natif de Cholet, il a été lauréat de 2008 à 2010. « J'ai été accompagné par Fabrice Preault de l'entreprise d'Insertion Trait d'Union », précise-t-il. Mais à la fin de ces deux années, il est au bord du gouffre. « Je me voyais perdu. J'étais à deux doigts de tout arrêter ». Apysa a des difficultés économiques liées à la crise de 2008. C'est le Réseau qui l'aidera à repartir de l'avant avec Fabrice PREAULT. « J'ai intégré la cellule de crise. Ils ont fait venir des collègues et des membres pour analyser la situation. Et voir si c'était viable ou non ». Ce le sera. « Tout le monde mettra les mains à la patte » et il en sortira indemne. Aujourd'hui, Pascal Audebert veut rendre la pareille. Ça passe par divers engagements au sein de l'association.

« Quand on m'appelle, je viens, je donne un coup de main. J'essaie d'être toujours disponible », assure-t-il. Membre depuis 2012, le dirigeant d'Apysa est aujourd'hui l'accompagnateur de Jean-Michel Morance et de son entreprise Découpe Viandes Producteur. Parmi ses autres missions, il a notamment participé à l'organisation de la biennale de Réseau Entreprendre. « Elle s'était tenue en 2014 sur le site du Puy du Fou », poursuit celui qui était alors un des recruteurs. « Je me suis déplacé dans toutes les régions du Sud et du Sud-Ouest pour voir les directeurs des Réseaux et les encourager à venir », explique-t-il. Au final, si 1500 chefs d'entreprise ont participé à l'événement, Pascal Audebert a contribué à cette réussite… L'homme de 50 ans est, enfin, très proche des jeunes entrepreneurs. Une nouvelle génération avec laquelle il aime échanger. Au Réseau et ailleurs. Et qu'il encourage à rester vigilante. « Ils ont tendance à aller très vite et à foncer tout droit », juge celui qui aime dresser un parallèle entre l'entreprise et le parapente, sa passion depuis dix ans. « Pour pouvoir monter en puissance, il faut orienter sa trajectoire et avancer en donnant une forte impulsion pour charger la voile d'énergie et la faire monter. Une fois que celle-ci est au-dessus de la tête, il faut la temporiser et contrôler sa voilure pour s'assurer qu'il n'y a pas de problème », décrit-il. Si c'est le cas, « on peut corriger pour ensuite reprendre de l'élan tout en gardant son cap et décoller en prenant de l'altitude ». Sans cette précaution, c'est la chute assurée. Parole d'expert…

Pour une Entreprise c'est identique, il faut donner cette énergie au démarrage et savoir prendre du recul pour regarder si tout va bien. « Temporiser » pour ensuite continuer sa course tout en gardant son cap. Pour faire évoluer et « décoller » son entreprise, « en y prenant du plaisir », assurément…